Europe Écologie Les Verts Plouzané

Interventions du groupe EELV au conseil municipal du 14 novembre 2016

vendredi 18 novembre 2016

Le conseil du 14 novembre a été plus politique que d’habitude. Après une présentation des rapports d’activités de Brest Métropole, une délibération a donné lieu à des prises de position très différentes entre d’un coté le PS et l’opposition (pour) et de l’autre coté une Autre Gauche pour l’Avenir de Plouzané et notre groupe (contre) : la mise en place de 9 caméras de vidéosurveillance.

Voici le contenu de notre intervention.

« Il n’est pas facile de lutter contre la vidéosurveillance qu’on appelle pudiquement vidéoprotection. Les choses semblent aller de soi : on rencontre un problème à tel endroit, il faut installer des caméras. Quand nous refusons et nous nous opposons, nous nous faisons traiter d’idéologues alors que de fait, l’idéologie non rationnelle est du côté de ceux qui trouve là une réponse technologique automatique.

Pourquoi être contre ? Voici 3 raisons.

  • Premièrement, l’efficacité est très loin d’être démontrée. Il faut dire que le problème est complexe à analyser. Une des études les plus récentes et les plus scientifiques est Belge et date de 2013. Elle conclut à une absence d’efficacité pour la délinquance prévue, une efficacité toute relative - en déplaçant le problème - pour les agressions, violences, escroqueries, et un léger effet dissuasif. Une petite efficacité est, d’après cette étude, obtenue par l’observation immédiate des images ; ce qui ne sera pas le cas ici. Quant à l’efficacité pour élucider les délits, des études anglaises ont montré que la vidéosurveillance ne contribuait à l’élucidation des infractions que de manière marginale (3%).
  • Deuxièmement, nous mettons le doigt dans un engrenage qui risque de nous faire devoir installer des caméras pour surveiller des espaces de plus en plus nombreux augmentant ainsi le cout du dispositif. Il ne faut pas oublier que les coûts de maintenance sont de 10 % en moyenne. Enfin pour que les caméras puissent permettre une identification - dans les rares cas où c’est possible - il faudra assurer un éclairage suffisant allant à l’encontre des efforts d’économie actuels et provoquant des pollutions lumineuses supplémentaires.
  • Enfin, il y a atteinte aux libertés. Alors, même si la majorité d’entre nous ne fait rien de répréhensible, et croit donc n’avoir rien à cacher, mettre en place un dispositif de surveillance, est une atteinte aux libertés. Des images sont collectées, et le risque de leur exploitation existe, faible peut-être aujourd’hui, mais demain, qui peut le dire ?

Alors comment aurait-on pu faire autrement ?

Tous les rapports le disent : avant toute mise en place d’un tel système, il faut avoir analysé le problème, réuni toutes les parties prenantes, essayer les autres solutions : plus de présence d’adulte, meilleure surveillance des enfants, élagage des arbres et bosquets pour dégager les vues, etc. Rien de cela n’a été fait. Si c’est prévu… tant mieux, mais retardons la mise en place de caméras et voyons l’évolution de la situation. Voilà un beau chantier pour des Conseils Consultatifs de Quartier.

La prévention vaut toujours mieux que la répression une fois le délit effectué. N’en déplaise à ceux qui ont démantelé la police de proximité parce qu’un ancien président croyait que la police n’est pas faite pour faire de la prévention.

Les solutions aux problèmes comme la délinquance ne peuvent pas être simples comme la mise en place de caméras. L’action doit être sur le fond et le long terme : l’éducation, la citoyenneté, la concertation, la présence de forces de l’ordre, l’ouverture de centres sociaux tard le soir et les week-ends, la présence sur le terrain comme le préconise et le fait Brest. D’ailleurs Brest s’est plusieurs fois opposée à la mise en place de ce type de systèmes.

Enfin, rappelons, qu’à court terme, la protection des personnes et des biens est toujours de la compétence de l’état. L’installation du dispositif que vous nous proposez est l’acceptation explicite d’un transfert de charge.

Il y a là un choix de modèle de société ; mettre en place un dispositif technologique ouvrant la porte à des risques pour nos libertés et espérer que le problème se résolve ou résister à la tentation de la facilité et trouver une solution durable, humaine et collective.

Nous voterons contre. »

Sur le même sujet,

« Pour nous, une machine un robot une caméra ne pourront jamais remplacer une personne dans un rôle d’éducation de prévention. Le principe fondamental n’est pas d’élucider ou d’empêcher à la marge les incivilités ou la délinquance mais de responsabiliser et d’éduquer pour que ces faits ne se produisent pas. Et dans ce rôle là, jamais rien ne remplacera un regard (ferme et bienveillant), une écoute une parole un échange un lien un sentiment une émotion. Et cela une machine une caméra un robot ne le feront jamais. Des études ont montré que même dans les apprentissages, un ordinateur ne remplacera pas le regard surtout s’il est bienveillant d’un ou une maitre(sse) professeur, guide...

L’argent qui sera mis dans le matériel, la maintenance les réparations (la destruction de ce matériel semble devenir un “sport national”) serait mieux placé dans la présence de personnes adultes sur le terrain et une éducation au vivre ensemble. »

Nous avons ensuite profité d’une délibération sur le choix de prestataire pour la crèche municipale pour revenir sur l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), le bio à la cantine et la monnaie locale Heol.

« Quelques remarques sur le choix de confier la gestion de la crèche municipale à Don Bosco.

C’est un choix que, en tant qu’élu-e-s Europe Ecologie les Verts, nous approuvons. Don Bosco se situe clairement dans le champ de l’économie sociale et solidaire, c’est -à-dire que la recherche du profit n’est pas sa raison d’être. L’économie sociale et solidaire dans le pays de Brest, ce n’est pas marginal ; elle représente 20 700 emplois, soit 16,5 % de l’emploi total et 1 580 établissements.

De plus , l’association prévoit de fournir des repas aux enfants, à partir de 60 % de produits biologiques. C’est un choix fort, bon pour les enfants et pour la planète. De plus en plus de communes font ce choix, et certaines villes, comme Saint Etienne, parviennent même à 100 % de produits bio dans leurs cantines.

Enfin, Don Bosco accepte les paiements dans la monnaie locale complémentaire du pays de Brest, qui s’appelle L’Heol (le soleil en breton, et non pas le dieu du vent).

L’Heol a été lancée en 2012. C’est la plus ancienne en Bretagne. C’est un outil qui participe au développement d’une économie respectueuse des personnes et de l’environnement.

Concrètement, c’est une monnaie papier qui permet d’acheter des biens et des services auprès des membres du réseau Heol qui comprend 90 structures aujourd’hui (commerçants, entreprises, agriculteurs, associations…), tous signataires d’une charte valorisant les productions locales, biologiques, le commerce équitable, les activités culturelles… Cette monnaie est légale et entre dans la comptabilité des structures qui l’acceptent. Ses particularités : C’est une monnaie papier en billets de 1, 2, 5, 10 et 20 Heol. C’est une monnaie adossée à l’euro : 1€uro = 1Heol C’est aussi une monnaie : Locale : elle ne peut être utilisée que dans les structures du territoire du pays de Brest. Elle favorise les achats de proximité. Complémentaire : elle existe à coté de l’euro pour valoriser les consommations responsables. Elle permet donc de soutenir le commerce de proximité et l’emploi local

L’Heol est un outil de soutien des commerçants face à la concurrence grandissante de la grande distribution. Il faut savoir qu’un emploi créé dans la grande distribution en détruit trois dans les commerces de proximité.

L’Heol est donc un outil citoyen qui permet ainsi de relocaliser l’économie en dynamisant les échanges entre entreprises, associations et producteurs du pays de Brest. »


Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 41208

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Le coin des élus.   ?    |    Les sites syndiqués OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 2.1.29 + AHUNTSIC

Creative Commons License