Europe Écologie Les Verts Plouzané

Interventions des élus EELV au conseil municipal du 18 novembre

vendredi 22 novembre 2013

Installation classée pour la protection de l’environnement - GAEC de "Tourous"

Le dossier qui nous est présenté est éclairant à plus d’un titre dans le contexte actuel. Le système prôné par l’Europe et l’État depuis les années 60 favorise les grosses structures. On a ainsi vu disparaître les petites exploitations et l’emploi agricole réduire comme peau de chagrin.

Ce système a fait croire qu’il pouvait fonctionner grâce à la croissance et aux subventions. Aujourd’hui, la croissance est une arlésienne et les subventions sont supprimées, cela dans un contexte généralisé d’économie des budgets publics.

Doit-on continuer à croire à ce modèle ? À bien y regarder, les structures qui souffrent le moins de la crise sont celles qui ont privilégié une petite taille, la qualité et des circuits courts. À noter que ces structures, plus petites, favorisent aussi l’emploi. Nous n’entrerons pas dans une analyse technique qui inclurait l’évolution des coûts des transports, de l’énergie et des aliments, tous facteurs aggravant et dont les petites structures sont moins dépendantes.

Le dossier, nous propose un regroupement, un investissement de 1,3 Million d’euros, une augmentation du cheptel d’environ 10 % pour employer, éventuellement, à terme, une personne de plus. Devant cette fuite en avant et pour défendre un autre système de production, à taille humaine, favorisant l’emploi, le local et finalement l’agriculture paysanne, nous nous abstiendrons.

Installation classée pour la protection de l’environnement - GIE de "Goulven"

Ce dossier est pour des raisons différentes également intéressant. Sur le fond, vouloir traiter le lisier, réduire les épandages part d’une bonne intention. Mais, nous voudrions souligner que, tout comme pour le dossier précédent, il y a un investissement important de 666 000 € qui dans le contexte actuel, avec un prix de la viande bas, enclenche une logique d’augmentation de la production pour pouvoir rembourser ; et le cycle infernal du « produire toujours plus » est alimenté.

Aussi parce que nous défendons une évolution du système de production agricole et que nous pensons qu’il est plus que temps que l’agriculture bretonne sorte de cette logique de fuite en avant qui crée tant de souffrances, nous nous abstiendrons.

Outre nos propres réticences environnementales sur ce genre de dossiers, il est à noter que des voix de riverains et habitants de Locmaria s’élèvent pour s’inquiéter des conséquences écologiques mais aussi économiques et touristiques de cette implantation proche de la mer. Par notre abstention, nous souhaitons au moins un délai de réflexion supplémentaire pour essayer de trouver une solution alternative au projet présenté.

Compléments d’information (hors conseil)

Une intervention de M. Du Buit a annoncé que le nombre de truies en Bretagne à baissé de 50.000 en 5 ans. Certes, ce nombre n’a pas cessé de diminuer depuis plusieurs années…

Mais, à lire le document suivant, en particulier p. 12 et 13. On s’aperçoit que c’est une tendance longue qui a plusieurs causes… dont « l’amélioration de la productivité » où l’on est passé de 16 porcelets sevrés par truie en 1970 à 28,8 en 2012. Ce qui fait qu’en nombre de porcs produits, c’est assez stable… avec une petite baisse depuis 2011.

Attention aux chiffres, les remettre en perspective est indispensable.

Et rappelons que dire que les règles environnementales ne font qu’augmenter est faux ; il y a un mouvement de fond inverse ... Rappel de notre intervention du 30/9

« Les contraintes environnementales reculent faisant ainsi courir le risque à terme d’une baisse de la qualité des eaux. Les dérogations pour les restructurations et la "modernisation" des élevages, le relèvement des plafonds d’épandage, la réduction du délai de recours contre les extensions ramené de 4 à 1 an et à partir de janvier 2014, la suppression de l’interdiction d’extension des plus gros élevages ne vont pas dans le bon sens. Il n’y aura, de plus, plus aucune étude d’impact du projet sur l’environnement en deçà de 2000 places de porcs, soit une production annuelle de 5000 porcs »

Certes il y a eu des progrès environnementaux - moins d’excédents, amélioration de la qualité de l’eau - (discutables) ; oui, grâce aux règles, à une certaine prise de conscience et aux efforts. Mais attention au relâchement… et à l’entretien de l’illusion que les grosses unités sont les meilleures solutions.

Nos propos n’ont que pour objectif de défendre la filière … mais pas dans sa forme actuelle. Une transition est inévitable… le prix des intrants, de l’énergie et des transports vont évoluer.

N’oublions pas que la souffrance des agriculteurs est grande… et plus en Bretagne qu’ailleurs et il n’y aurait pas de corrélation avec le modèle (breton) ?

Notre rôle est d’envoyer ces signaux...


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