Europe Écologie Les Verts Plouzané

Lettre à M. Le Président de la République

Du projet d’aéroport Notre Dames des Landes
dimanche 9 décembre 2012 par Antoine

Lettre envoyée au Président de la République

Plouzané, le 24 novembre 2012

Monsieur le Président,

Je me permets de vous écrire car la situation à Notre Dame des Landes me préoccupe. Adjoint à la Mairie de Plouzané (Finistère) je suis membre du collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport de Notre Dame des Landes (CéDpa).

Ce projet est très ancien et même si la loi est respectée - c’est là la moindre des choses et ce n’est pas un argument - il n’est pas interdit de réfléchir et faire appel à l’intelligence pour éviter de grossières erreurs. Des recours étant déposés, il me semble qu’anticiper leurs décisions est prendre un risque qui ne peut qu’attiser les tensions.

Je vous invite à lire, si vous ne l’avez déjà fait, le rapport du cabinet d’étude européen indépendant Delft intitulé "Examen de l’analyse globale Coûts/Bénéfices de l’aéroport du Grand Ouest, Comparaison avec des améliorations sur Nantes Atlantique" (rapport, présentation) d’octobre 2011 qui propose une analyse fine de plusieurs scénarios et qui conclut qu’un nouvel aéroport n’est pas nécessaire.

Malgré de nombreuses demandes, aucun ministre de la république n’a reçu de représentant de ce collectif et aucune réponse n’a été apportée au rapport précédemment cité. Aussi, il est étonnant d’entendre la porte-parole du gouvernement dire que le projet fait "consensus du côté des élus".

Ce projet coûte cher et dans un moment il faut investir utilement, il me semble que les milliards de ce projet pourraient être utilisés beaucoup plus efficacement.

Permettez-moi de vous présenter quelques arguments :

  • Finistérien, je peux vous garantir que l’aéroport ne désenclavera pas le "Grand Ouest". S’il est un succès, ce dont je doute, il déséquilibrera l’aéroport de Brest et s’il est un échec, ce que je crains, ce serait un terrible gaspillage. Amener le TGV à Brest serait certainement plus désenclavant et prolonger la ligne TGV entre Rennes et Nantes devrait être considéré.
  • Les terres agricoles sont chaque jour consommées au profit de l’urbanisation, plaçant les agriculteurs dans des situations de plus en plus précaires. Consommer plus de 1500 ha (et probablement plus près de 2000 ha en incluant les infrastructures pour desservir l’aéroport) dans ce contexte est encore un terrible gaspillage.
  • De nombreuses zones humides seront détruites, zones dont le rôle économique non pris en compte, non évalué, est de filtrer l’eau, d’éviter le ruissellement, d’assurer la biodiversité. Ce service essentiel n’est évidement pas intégré dans le PIB, mais s’il fallait le compenser, le coût serait immense.
  • Fait amusant, l’aéroport de Nantes a été classé "meilleur aéroport européen pour le services aux passagers", ce qui montre sans doute l’urgence de remplacer cet équipement soi-disant inadapté.
  • Enfin, cet aéroport est en contradiction manifeste avec le schéma national des infrastructures et transport (SNIT) qui dit devoir « donner priorité aux transports du quotidien ». D’autres projets, de métro ou de tramways, bien plus utiles au plus grand nombre pourraient être financés ou aidés dans plusieurs métropoles avec l’argent gaspillé de l’aéroport Notre Dame des Landes.

Cet aéroport est donc un vieux projet, justifié par une politique urbaine purement Nantaise. Aucun argument aéronautique ne tient comme l’a rappelé M. Crozet, directeur du laboratoire économique des transports. Aucun argument d’aménagement du territoire breton ou français non plus.

Ce projet est un anachronisme politique. A l’heure du développement durable, de l’analyse globale de projets, ce nouvel aéroport est une aberration écologique, économique et sociale.

La position du premier ministre est délicate. Porteur de ce projet, il a pris des postures qui rendent maintenant les discussions difficiles. Je vous demande donc de décider d’un moratoire immédiat afin d’avoir le temps de reconsidérer sereinement les solutions alternatives, et non pas uniquement les compensations écologiques, et vous prie de bien vouloir recevoir d’urgence une délégation du CéDpa.

Je vous prie, Monsieur le Président, d’agréer l’expression de mes plus respectueuses salutations.

Antoine Beugnard Adjoint au développement durable, aux transports, à la participation et aux nouvelles technologies Plouzané, Finistère


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